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L'atelier de Beevy :  Quelques textes de mes ateliers

Un jour, dans la cour de l’école, Maxence m’interpelle en me disant : - « Toi à la récré tu vas craquer et exploser en mille morceaux ! » J’en suis restée pentu. Je ne savais quel chemin prendre. Le plus pentu ou le plus facile ? Devais-je réagir avec un cœur miséricordieux en osmose avec mon être profond ou tenter le silence face à ces mots qui m’ont fait perdre mes mots ? Les mots de cet enfant m’ont semblé exprimer des maux et il n’a pas mâché ses mots ! «  Non ! » voulait-il dire. « Du calme ! » me suis-je finalement dis. « Tu crois ? On verra » lui ais-je dis d’un ton malicieux.  « Petit con ! » ais-je tout de même pensé. Je ne sais ce qui m’attend. Mais à l’issu de ce mystère, lorsqu’ensemble nous aurons brisé la glace, nous trouverons comment jouer à l’unisson. J’éspère bien siroter joyeusement, un petit verre qui ne sera pas de trop ! 


Céline



 Je  ne mâche pas mes mots pour en prendre bien soin. Ils sont si précieux que je ne voudrais surtout pas les dénaturer en les mâchant.

Je m’inspire aussi de Victor Hugo qui disait : « il faut surveiller sa langue comme le lait sur le feu ».

Et j’essaie de tourner au moins sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler, pour vérifier si mes mots sont bien appropriés à la situation.

Car si je ne réfléchis pas aux mots que j’emploie et que je les envoie de ma bouche à mes  interlocuteurs, sans prendre soin de bien les sélectionner d’avance, mes mots peuvent être reçus comme des couteaux ou des cadeaux.

Mes mots ont un pouvoir magique.

Je l’ai appris grâce à Don Miguel Ruiz dans « Les 4 Accords Toltèques ». Ils peuvent guérir comme ils peuvent démolir une personne.

Mes mots peuvent jeter ou libérer quelqu’un d’un sort.

Nos mots ont un pouvoir énorme, infini, pour moi et pour celles et ceux qui les reçoivent…

Quand je dis « caca-boudin », je me revois enfant, quand je riais à pleine bouche des journées entières d’entendre et de dire ces simples mots…

Quand je pense à mon amoureux, je ressens une montée d’ormonella et j’aimerai le voir dans l’instant...

Tous ces souvenirs d’images, d’odeurs et de goûts voyagent à travers nos mots.

Des bachi-bouzouk aux kulubut, nos mots sont aussi des passerelles, des relais et des médicaments.

Quand j’entends « même pas peur ! », je retrouve force et courage pour partir à l’aventure et déplacer des montagnes.

Si j’entends « arrête ! », aussi vite je rebondis sur les mots « rire » et « jouer », et je retrouve mon élan du cœur et la joie de mon enfant intérieur qui saute en riant dans les flaques d’eau.


Pendant longtemps j’ai eu peur de m’affirmer et j’ai mâché mes mots, tellement qu’à la sortie, ils avaient perdu tout sens et consistance…

J’avais peur de dire ce que je pensais, ou, par moment, j’utilisais les mots pour avoir plus raison que les autres.

Aujourd’hui c’est fini.

J’accorde mes pensées et mes mots au diapason de mon cœur, pour parler avec empathie et entrer en relation avec l’autre sans jugement, mais simplement en curiosité et ouverture du cœur.

Les mots m’ont guéri, et j’ai décidé de continuer à me guérir et à guérir les autres avec des mots amoureux, joyeux, curieux, respectueux, lumineux, rigolos, légers ou graves quand la situation s’y prête, pour partager mon authenticité et ma façon d’être avec des mots qui ne soient plus des gros mots ou des mots d’ordre, mais aussi souvent que possible des mots doux, sensibles et rigolos…

Merci la médecine des mots et merci Beevy pour nous amener plus loin sur le chemin d’une relation si merveilleuse et magnifique en s’amusant avec nos amis les mots, et faire d’eux, y compris ceux que nous ne connaissons pas encore, nos complices et nos alliés... 


Julie



Si seulement je savais dire à mes parents ce que je ressens.

Ces derniers temps, à la faveur des préparatifs de Noël, c'est surtout avec ma maman.

Immanquablement, je tente des ouvertures, je tarabiscote des explications, mais avec l'émotion, ma mémoire me joue des tours, les mots sont trop vagues, arrivent trop tard, n'ont pas de sens. STOP !

Je finis par me taire et m'impose le silence. Fuck...

Pourtant, mes parents m'ont transmis l'oralité, je maîtrise la langue, des onomatopées aux mots savants. Et je n'ai pas pour habitude de mâcher mes mots.... Mais voilà, nous ne sommes pas en osmose.

Miséricorde, que les mots me manquent. 


Suzon B.


Une histoire restait sans mots


« Il est né le divin enfant… » 

Pourtant le chemin était tarabiscoté avec ses « allez », ses retours.

Mais toujours, cette envie folle, Ormonella, de fabriquer l’amour,

de le faire, le rendre malléable, figur-able.

Donner des traits humains au désir, au plaisir, à la chance.

« Sonnez hautbois résonnez musette … »

Sans aucun jeux de mots, dans les larges bras de mon frère ainé

Ce soir-là, pleurs et sanglots, remplaçaient bisous et l’or des mots.   


Alain B.



Il disparut, purement et simplement. Plus aucune nouvelle.

Je ne comprenais pas... Fuck ! Et puis, un mélange d'émotions contradictoires m'envahit peu à peu : colère, dépit, tristesse, peur... Aucun mot, par contre.

Finalement, il ne me restait de lui que le doux souvenir du café du dimanche matin. 


Claire



Samedi 17 juin 1997, Europride Paris


Je lui ai dit « Viens, on va aller dans cette librairie gay ». Quand Bab et moi avons poussé la porte des « Mots à la Bouche » cette librairie du Marais à Paris, on était toutes les deux totalement ormonellas ! On n’arrêtait pas de s’exclamer « Oh, c’est beau, tous ces livres gays et lesbiens » ! Les couleurs vives des livres d’art, les films d’amour entre femmes, entre hommes, les cartes postales et les pins aux couleurs du rainbow flag.

On était comme deux ados à découvrir la littérature lesbienne, Oui c’était possible, cela existait ! Elle m’a dit : «  Ma chérie, fonce, choisis c’qui t’plait ! »

J’en perdais mes mots : « Frdeckl, c’était le paradis ! »

On a choisi Les remparts des Béguines de Françoise Mallet-Joris,  Les Amies d’Héloïse d’ Hélène de Montferrand et le film canadien When night is falling. Puis on a bu un kir, deux kir ou trois à l’Amnésia, qu’est ce que j’aime ce bar lesbien où nous buvons des coups les samedis quand on s’retrouve à Paris.

Ensuite on est rentrées un peu beaucoup ivre de films, de livres et on a fait l’amour comme des lionnes. 

Valérie


 Le mot de trop


Trop de mots dans ta bouche et là c’était le mot de trop.

Devant les bardos, quelle était ton visage avant ta naissance

Quels mots flottaient dans l ‘air ?

Puis Enfant sans peurs, après avoir jouée, ris, dessinée…..

les formes changent tiens un ado I Fuck off ! bachibousouk ! Fais

chier ! Basta ! ah le petit con ! AAh le vieux con !

Nous voilà en 2020 aux maux de la fin aux mots de trop

Trop de mots, trop de mots, partout.

Les mots me manquent pour le dire.

Trop de mots encore : Félicitations-Mon cœur- Calinou- Bichette-

Mon chat.

Trop de mots dans ta bouche, le mot de trop, point barre.

Je demande une minute de silence ! une éternité.

Silence mon cœur.

Écoute ce silence entre les mots ce silence dans le silence

Écoute ..écoute encore ce silence-espace entre les pensées

Ce silence spacieux ..

Et là..

Dans ce silence illimité dans cet espace si spacieux

Tu trouveras sans efforts ce que tu cherches depuis si longtemps

Tu te trouveras. Toi même en 2 mots.. :

Parfaite… complète…. Libre. 


André